Dans tous les sports de haut niveau, le matériel a une très grande importance. Les marques, les sponsors, les clubs et même les fédérations soutiennent l’innovation pour pousser les sportifs et leur skiff vers des records toujours plus impressionnants. L’aviron n’y échappe pas et son équipement fait aussi l’objet de fréquentes et nombreuses innovations.

Quel impact l’équipement peut avoir sur la performance en aviron ?

De l’avis des plus grands champions, et notamment de celui du français Jérémie Azou, le matériel d’aviron peut être décisif dans les résultats d’un sportif ou d’un pratiquant d’aviron. D’ailleurs, les évolutions et les améliorations techniques, qu’elles concernent le confort du rameur, le skiff, ou même la chaîne des mouvements, ont déjà énormément changé la pratique de ce sport.

Les moins jeunes d’entre nous se souviendront, par exemple, de la révolution que représenta l’arrivée des premiers portants mobiles en aviron dans les années 1980. Ces portants révolutionnaires permettent de supprimer les inconvénients dus au déplacement du centre de gravité du rameur lors de la phase de retour.

Pourquoi cette évolution du matériel a été une révolution ? Parce que ces portants mobiles accroissaient considérablement les performances des rameurs dont les skiffs en étaient équipés et leur offraient presque systématiquement la première place sur les podiums. À tel point que la FISA (la fédération internationale d’aviron) a dû les interdire par souci d’égalité envers les plus petites fédérations.

Le matériel a lui seul peut-il suffire ?

De toute évidence, non ! Dans la construction d’une carrière d’athlète avoir un équipement dernier cri est sans aucun doute un plus que chacun serait ravi d’avoir lors de ses sessions d’entrainement. Cependant, le développement de la technique et du corps pour maîtriser cette technique sont souvent beaucoup plus importants que le matériel en lui-même.

Certes, les évolutions du matériel ont également modifié la façon de pratiquer l’aviron et donc la façon de s’entraîner aux compétitions d’aviron. Cependant, un athlète mal entraîné ne saura pas quel geste utiliser, n’aura pas la capacité physique pour exécuter ce geste à répétition pendant des heures et il n’y a qu’à l’entraînement que l’on peut rendre un geste parfait.

Les portants mobiles qui ont tant révolutionné la pratique de l’aviron n’aurait rien révolutionné du tout s’ils avaient été placés entre les mains d’athlètes mal entrainés ou incompétents. S’ils ont pu révolutionner la pratique de l’aviron, c’est parce qu’ils ont été utilisés par des athlètes dont les gestes étaient si bien exécutés qu’ils permettaient d’obtenir les meilleures performances possibles.

Quelles sont les limites d’un bon matériel ?

Parfois, un matériel trop performant peut devenir carrément contreproductif s’il incite le sportif à limiter son implication dans la pratique de son sport. Par exemple, un matériel trop confortable qui supprimerait trop les sensations et en réduirait alors la perception du sportif, risquerait de diminuer les performances de l’athlète.

Effectivement, une perte de sensation chez le sportif peut alors entraîner une baisse des performances parce que son geste sera modifié par son matériel. Or, un geste qui n’est pas parfaitement exécuté, surtout dans un sport de vitesse aquatique, même à la milliseconde près, entraîne une baisse de performance parfois très grande.

Enfin, un matériel dernier cri n’assure pas forcément une augmentation importante des performances. On se souviendra, par exemple, de la polémique des combinaisons en polyuréthane qui étaient censées accroître énormément les performances des nageurs, à tel point que certains recommandaient leur interdiction. Pourtant, lors des championnats de 2009, pas un seul nageur équipé de ces combinaisons n’a remporté de médaille d’or !

Un équipement adapté au sportif

L’équipement doit absolument être adapté au sportif qui l’utilise. Pour cela, il doit être d’abord longuement utilisé en entrainement pour que l’athlète adapte son geste s’il en ressent le besoin. Surtout, il faut user le matériel avant pour pouvoir l’adapter ensuite au sportif en suivant de près ses performances.

Il est parfaitement inutile de s’obstiner à imposer à un sportif un matériel contre-productif avec lequel il ne serait pas parfaitement à l’aise. De même, c’est davantage au matériel de s’adapter au profil du sportif qu’au sportif de modifier radicalement ses gestes et sa technique pour convenir à une innovation technologique. Surtout que, comme nous l’avons vu, toutes les innovations ne sont pas des révolutions.

Enfin, il ne faut pas perdre de vue que l’une des conséquences principales d’un bon matériel est liée à son impact psychologique. Le matériel, s’il améliore les performances de l’athlète, ne le fait que très sensiblement. L’impact le plus important et le plus facile à percevoir sera sur le moral et la psychologie de l’athlète. Il doit se sentir supporté et renforcé dans sa technique et sa force par le matériel qu’il utilise et surtout pas l’inverse.

Changer son matériel d’aviron

En conclusion, le matériel n’est pas la condition principale à la réussite et aux bonnes performances d’un pratiquant d’aviron. En revanche, il peut être un aspect important des conditions d’entraînement et du ressenti personnel du sportif. Il ne faut donc pas négliger l’impact d’un changement de matériel et ne surtout jamais introduire de trop grands changements de manière brutale.

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