Chaque année, la Journée de Solidarité rallume les débats, un peu comme un orage annoncé à mesure que l’échéance approche : on mesure le poids d’un jour travaillé sans salaire, entre pincement et coup de main, pour des personnes souvent mises de côté. Le lundi de Pentecôte s’impose comme le rendez-vous où chaque salarié doit, bon gré mal gré, réaliser ce geste solidaire en faveur de l’autonomie des plus vulnérables, alors que les règles et les façons de s’organiser diffèrent souvent d’une entreprise à l’autre. Entre stratégies d’évitement, situations particulières et risque de sanction pour oubli, réussir à y voir clair en 2025 ressemble à un exercice d’équilibriste, partagé entre obligations professionnelles et solidarité nationale.
Sommaire
Journée de Solidarité 2025 : tout savoir sur la date clé, à quoi elle sert vraiment, et ce qu’on risque à l’oublier
Un principe simple : un jour pour l’autonomie, mais pas pour soi
La Journée de Solidarité, c’est une idée typiquement française, née d’une urgence : après la canicule de 2003, qui a emporté près de 20 000 personnes âgées ou fragiles, il fallait réagir. À partir de 2004, chacun s’y colle : une journée de travail supplémentaire dans l’année, sans rémunération en plus.Pourquoi cette mesure ? L’objectif est concret : récolter des fonds pour financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou en situation de handicap. Côté entreprises, une contribution de 0,3 % de la masse salariale va à la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA). Pour les salariés, il s’agit de sept heures (ou moins si le contrat est à temps partiel) ajoutées au compteur, sans compensation salariale.
Mais… qui travaille vraiment ce jour-là ?
Sur le papier, tous les salariés devraient venir travailler. Dans la réalité, nombre d’entre eux posent un jour de congé ou un RTT. Beaucoup d’employeurs adaptent aussi discrètement le calendrier : dans certains cas, le lundi de Pentecôte reste un jour de repos, dans d’autres, pas du tout. Cette journée peut être fixée sur une autre date ou même être répartie en plusieurs demi-journées, tout dépend de la convention collective ou de l’entreprise.
Rappel : La Journée de Solidarité ne concerne jamais le 1er mai, qui reste intouchable parmi les jours fériés en France.
2025 : à quelle date tombe la Journée de Solidarité ? Et que risque-t-on en cas d’oubli ?
Dans la majorité des cas, rendez-vous le lundi 9 juin 2025. Mais parfois, l’entreprise choisit une autre date : la loi permet une grande latitude, accord d’entreprise ou pas. On voit aussi fréquemment la journée décalée pour ceux qui travaillent en continu — hôpitaux, commerces, etc.Respecter cette obligation a des conséquences bien concrètes. Refuser de faire la Journée de Solidarité expose à une sanction disciplinaire : avertissement, sanction RH, voire retenue sur salaire. Impossible d’y échapper, qu’il s’agisse d’un CDI, CDD ou intérim — sauf exceptions prévues.
Qui y échappe ? Cas particuliers et vrais motifs de dispense
- Stagiaires : non concernés, sauf mention explicite dans la convention de stage.
- Salariés de moins de 18 ans : la protection légale s’applique les jours fériés (sauf exception).
- Absence justifiée (maladie, maternité, congé payé ce jour-là) : pas de report de la journée de solidarité.
- Salarié ayant déjà accompli sa journée chez un autre employeur au cours de la même année.
Concrètement, comment s’organise la Journée de Solidarité au travail ?
Privé, public, temps partiel : des modalités à la carte
Dans la majorité des cas, cette journée s’organise de l’une de ces quatre façons :
- Travailler un jour férié comme le lundi de Pentecôte,
- Travailler un samedi,
- Renoncer à un jour de RTT ou de repos,
- Ou répartir les sept heures sur plusieurs jours si tout le monde s’y retrouve.
Pour le temps partiel, rien de sorcier : la durée s’ajuste selon le contrat (3,5 heures ou autre fraction adaptée).
Secteur public : chasse aux RTT, organisation sur-mesure
Fonctionnaires et agents se retrouvent avec un dispositif assez souple, mais l’idée reste similaire. Soit sept heures travaillées sans rémunération supplémentaire, soit sacrifice d’une journée de récupération. Les modalités exactes varient selon le statut, mais tout le monde est concerné.
Conseil pratique : Votre service RH ou CSE (Comité Social et Économique) détient les infos spécifiques à votre structure. Un point à clarifier ? Consultez-les avant de réserver vos congés.
Pourquoi ce dispositif ? L’envers du décor d’une mesure toujours débattue
La Journée de Solidarité ne fait jamais l’unanimité. Certains y voient une preuve de solidarité en action, d’autres la vivent comme un cadeau à l’employeur. Le fil conducteur, lui, reste le même : depuis la canicule de 2003, l’État a misé sur ce principe pour financer durablement la prévention et l’accompagnement des personnes vulnérables. Depuis sa création, les discussions n’ont jamais cessé, mais pas de double journée au programme en 2025 : la mesure reste unique, avec ses exceptions prévues par la loi.
Et la suite ? Une solidarité qui bouge avec son temps
Chaque année remet la question sur le tapis : faut-il doubler la mesure, la rendre facultative, proposer autre chose ? Pour l’instant, rien ne bouge. Mais le débat public reste déjà bien vivant, influencé par l’actualité sociale ou l’évolution du rapport au travail.
Mis à jour le 6 août 2025